Chroniques du Capitaine Jack

Por fin

11:42, 27/01/2012, .. Lien
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      Samedi 27 janvier 2012, Narbonne.
 
      Je sais pas si il y aura grand monde pour jeter un coup d oeil a ce dernier article mais il semblerait que je me trouve dans la necessite de le faire, si j ai fait une tete il faut bien y mettre une queue. Et comme d hab on reprendra la ou on s en etait arrete meme si ca date depuis un petit moment.
       D apres ce que j ai pu voir je m en etais arrte a Huanuco ou j ai cru bon de glander pendant un bon deux semaines. C etait pas franchement transcendant et une fois de plus un grand merci a Rita pour m avoir accompagne dans ces moments de solitude. Puis un beau jour lorsque ma gratte elle aussi m a saoule et que je n avais plus rien d autre a faire que me plonger dans de profondes reflexions j en ai deduit que quitte a glander, autant faire ca a plusieurs, ne restait plus qu a rencontrer des gens. Et pour ca rien de plus facile, y a juste a se placer sur un de ces grans axes touristiques de par lesquels transitent voleurs, fumeurs, arnaqueurs, fumistes, beaufs a claquettes et aventuriers de tous bords. J ai opte pour le nombril de l empire Inca, vous l aurez sans doute devine, Cuzco la magnifique.
      La question est maintenant de savoir comment on va s y rendre. Le stop me direz vous, ah, ca y est, vous avez pris  pli vous aussi. Eh bien non, apres mure reflexion je me suis dit que le retour approchant il valait peut etre mieux ne pas perdre de temps dans des transports dont l issue demeure plus qu aleatoire, surtout apres pres de deux ans a ne faire que cela. J en conclue que je n ai plus rien a me prouver et saute dans un bus direction Lima. J y arrive un lendemain sur les coups de six heures du mat. A peine ai je mis les pieds dans le terminal que je rachete un billet pour Cuzco situe a 24 heures de la capitale. Le bus prend la route vers les 10 heures ce qui me laisse 4 heures a tuer avant le depart. Je me pose a l entree du terminal et entame un combat avec mon paquet de clopes peruviennes. La braise se rapproche peu a peu mes phalanges jaunies par la nicotine lorsque un flic m accoste et commence a taper la discute avec moi, ah, un peu de distraction. Les sujets de discussion vont et viennent jusqu a ce qu on me laisse un petit bout de papier avec un numero dans la main suivi tout plein de propositions plus ou moins douteuses qu on serait en droit d attendre d un flic PD corrompu narcotrafficant. J adore les flics sud americains. Puis l heure de partir approche je laisse mes bagages dans la soute et prends place derriere la vitre. 
       J arrive donc un lendemain matin de debut decembre au terminal de Cuzco. Je rejoins le centre ville et me degotte un petit hotel ma foi plutot sympathique pas tres loin du marche. C est plutot calme et d ailleurs un peu trop en fait. Des fois c est bien le calme mais c est pas vraiment ce que je recherche a la sortie de Huanuco. Heureusement apres trois jours passes ici qui ne vois je pas au coin d une rue? L ami Filou que j avais deja rencontre a deux reprises, une fois a Sorata le pays de l herbe a 100 dollars le kilo, et une autre fois a Arequipa la ville qui fait mal aux yeux tellement le soleil tape. Et comme le dit l adage, jamais deux sans trois. Filou il etait parti en se disant que peut etre il rentrerait, mais peut etre que non. Et je me souviens qu a l approche de sa date de retour il avait decide de passer du cote obscur. Et donc en tant que RADI (Routard d Amerique a Duree Indeterminee) Filou connait tous les bons plans. Moi c est un peu pareil sauf que Cuzco meme si j y suis passe une paire de fois ca suffit pas pour connaitre toutes les combines. Et c est ainsi que Filou m invite a le rejoindre dans son hotel a 8 soles la nuit avec cuisine, cour interieure pour laisser libre cours a l expression musicale et hippies integres. En deux mot on dira super cool. La je retrouve son pote Flo que j avais deja croise, puis Segolene rebaptisee par les derives de l elocution peruvienne Cigoulette que j avais croise sur un pont au fond du Colca avec des potes a elle. On avait pas mal discute la mesca aidant tout en se livrant au traditionnel rituel du don de coca a celui qu est en deche et qui doit se monter une pente comme ca (j ai la main a la verticale) avec un joli soleil en aplomb, necessite fait loi. Puis c est le tour de Rebbeca que j avais croise sur l ile du soleil. Bon, a la verite j etais moins fan mais comme il parait qu il faut retenir les qualites plutot que les defauts on dira qu elle etait sympa. Et apres y avait aussi plein d autres gens que je connaissais pas, guitaristes de tous bords et surtout un couple de belges qui faisaient de la musique, mais de la vraie. Un petit duo guitare violon apparament plus qu habitue a la scene, et je vous dis pas comme ca depotait surtout apres une nuit blanche a danser sur de la cumbia et deux bouteilles de rhum sur le foi. Champignon toxique, champignon atomique, tu laisses a tes enfants des dechets pour cent mille ans... Merci a vous O humbles tartines de nous avoir accompagnes de votre magnifique accoustique. Et puis plus les jours passaient et plus les gens arrivaient. Des potes, des potes de potes qui devenaient nos propres potes. Enfin, vous savez comment ca se passe. Chaque jour etait une folie a rajouter a la precedente, les heures d insomnie se succedaient pour nous jeter a bout de force au fond d un plumard defonce duquel on s arrachait pour ramener le goulot du biberon vers nos levres encore imbibees de la veille. C etait magique, j aurai pas pu demander mieux. Un pot de depart de dix jours entoure des quatres coins du monde reunis entre les quatre murs de Delcy. Je sais pas si j avais deja vu une ambiance comme celle ci regner dans un hotel, c etait limite too much. Le seul truc quand on se retrouve dans ce genre d endroit c est qu il faut pas y rester trop longtemps au risque de voir sa sante se degrader a vue de nez de vieille poche. Heureusement que j avais un avion a prendre.
 
      Et donc un beau jour, comme un 13 du mois de decembre il m a fallu faire mes adieux. J avais deja vu des gens le faire, et je vous dit pas les larmes que ca lachait, a la limite du pathetique. Mais moi non, j en avais rien a foutre. Apres 23 mois de vagabondage je peux pas dire avoir ressenti la moindre frustration a revenir sur mon statut de RADI. J etais meme presque content en fait, et pour moi et pour mon foi. Quelques regrets peut etre? Heu laissez moi voir. Ah oui, j aurai bien aime me faire enlever par les FARC dans le putumayo ou encore me faire droguer par de jolies donzelles et aller me faire violer a l arriere d une bagnole mais non, je resterai vierge pour ce qui est du GHB. Tout espoir n est pas perdu. A part ca non je vois pas. J ai coche la case peyotl, celle du sejour chez les peaux rouge, celle du trip en amazonie, j ai laisse celle de l anaconda pour noircir deux fois celle du boa constrictor. Quant au Salare lui aussi aura eu droit a sa rayure, le Sud Lipez aussi, le Titicaca a droit a une triple croix et puis il y a encore tout le reste, y dios mio, quel reste! Non, frustration zero, mission complete, et pour ce qui est de la terre de feu ce ne sera jamais qu une raison de plus pour retourner sur ce continent, et c est avec le sourire jusqu aux oreilles que je monte dans le bus pour Lima.
 
      Je passe la journee du 14 cloue dans un lit d hotel a finir ce qui ne passerai pas aux douanes. De toutes facons j ai rien d autre a faire, je me trouve dans le quartier du Callao la ou meme un limeno de souche n oserai pas mettre les pieds. Le soir arrive et j ecoute un mec beugler sous la torture dans la chambre d a cote, il a du oublier de payer ses fournisseurs. Ca pete grave, j entends des bruits de coups, de verre brise et je sens la situation degenerer. Je suis plutot en flip pour le coup et me rapproche de la fenetre au cas ou je devrais m echapper pour je ne sais trop quel motif. Mais non, la tension redescend peu a peu, le vacarme prend fin et je peux retourner a mon occupation de la journee.
 
      Puis le matin pointe sous la grisaille et nous voici a J-0, le moment fatidique est arrive. J endosse mon sac et me dirige vers l aeroport. Je passe l enregistrement, les douanes et tout le bordel et me voici enfin installe derriere le hublot de l avion en partance pour Guayaquil. L avion s arrache du tarmack et me voici une fois de plus dans les nuages. A Guyaquil je reprends un vol pour Madrid, et de Madrid pour Toulouse. Je me souviens plus du tout de combien ca faisait d heures mais suffisament pour me rememorer tout le trajet que j ai effectue depuis Tijuana, ca en fait du chemin!
     A l aeroport les parents m attendent, papito n a pas perdu de temps pour retravailler sa silhouette, quant a maman elle n a pas change, a moins que ce ne soit le fond de teint. Embrassades, me voila de retour, il parait.
 
      Et voila donc un peu plus d un mois que je suis revenu de ce periple et je sais toujours pas quoi penser de tout ca. Sans doute faut il laisser couler, se laisser porter. Tout le monde m a dit, tu vas voir, tu vas en chier un max, tention a la depression, la redescente va etre drue, tu vas douiller. Que de pessimisme. Mais je vois que tout ce joli petit monde a oublie de compter sur mes atouts. Ce voyage n est pas le premier et je sais ce que signifie le retour au pays et la confrontation avec des gens blases par un quotidien sans interet. J avais pris ma claque en revenant d Australie en croyant que ce que j avais vecu interesserait les autres mais je ne comettrai pas cette erreur une seconde fois. Mon voyage ne concerne que moi et mes experience mon evolution personelle. Et lorsque je regarde autour de moi je m apercois qu il n y a qu en rentrant qu on prend conscience du chemin qu on a parcouru. Et si quand on parle de retour on fait reference a l endroit d ou l on vient, ce n est tres certainement pas un retour a ce qu on etait.  Je ne suis pas certain que ces mots puissent resonner a leur juste valeur chez tous ceux qui les liront mais si vous voulez comprendre de quoi il s agit, pour de vrai je veux dire, partez mes amis, partez loin, partez longtemps, partez seul, et vous saurez....
 
      Ainsi donc termine ce blog, salut a toute la terre et un grand merci a tous ceux qui m ont accompagne mentalement ou physiquement, a tous ceux qui m ont ouvert leur porte, de chez eux ou de leur voiture, a tous ceux qui m ont adresse la parole, a tous ceux qui m ont souri, a tous qui m ont donne de quoi boire, de quoi manger, de quoi dormir, de quoi me vetir, merci a tous ceux qui m ont tout donne alors qu ils n avaient rien, merci a ceux qui m ont pris pour les lecons qu ils m ont donne, merci a tous sans aucune exception, que le vaya bien y hasta la proxima...
      Y un saludo super especial a Charly bien entendu, Andre de Real, Mathias Man, Harry et Manu les oaxacos, Urielle et Caro, Mathias Los Amigos, Merlin d Atitlan, Shyloh, Melody et little Quetzal, Iveth et les crackers du Nicaragua, Marine, la familia Delgado, Eduardo et le Paraiso Motel, Tonio, Simon, Emiliano et tous les Arhuacos de la Sierra Nevada, aux habitants de Boyaca, aux Kemtsa du Putumayo, aux Kichwas d Otavalo, a tous les alcooliques d amazonie et tous ceux que j ai croise en bateau, a Super Rano mi companero boliviano, a Isabel la mex, a Karine et Lolo, a Fanny et Gilles 70, a Mathildé, a Papito, a Claire qui croyait qu elle etait pas punk et sa pote Karo, a Filou, Flo, Cigoulette, Kurt bien sur et puis tous ceux dont les noms se sont dissipes dans les brumes de ma memoire, salut a tous...
 
      Capitaine Jack





Un debut de fin

11:01, 5/11/2011, .. Lien
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Samedi 12 novembre, Huanuco. (J-33)
 
      Nous sommes repartis le mercredi 26 d Arequipa pour se reveiller au petit matin dans l aridite de la fameuse Nazca, ville totalement ininteressante si on oublie les mysterieuses lignes qui s etalent en plein desert. Nous sautons donc dans un bus en vue d en savoir un peu plus sur la curiosite locale et nous voila laches 20 minutes plus tard au pied d un mirador. Je monte les marches qui menent en haut de la plate forme et observe l immensite qui m entoure. Du plat, des cailloux et des montagnes en arriere plan avec tout plein de lignes qui partent un peu dans toutes les directions. On discerne pas trop grand chose vu d ici si ce n est une figure etrange dessinee sur le sol. Rien a voir avec le fameux colibri, le singe ou je ne sais quel autre figure que tout le monde a deja vu quelque part dans un reportage ou sur des pages de journeaux. Celle ci ne ressemble a rien de connu, un corps etrange avec deux pattes et rien de plus. J ai essaye d un savoir un peu plus sur la bete mysterieuse mais j ai rien pu en tirer de concluant. On a meme pas ete foutu de lui donner un nom mais moi je crois qu il s appelle Kenny. Kenny donc a tout simplement la gueule d un extraterrestre dont j ai dresse le portrait robot et qui a remit en cause ma theorie sur la construcion du Machu Picchu. En fait il aurait pas ete construit par des incas meta-barons mais plutot par une bande de Kennys qui aurait developpe des pouvoirs psychiques face a leur frustration de cul de jatte. Eh oui, pas de bras pas de chocolat, on passe donc a la telekhinesie. Heureusement que je suis la pour eclaircir les mysteres de la nature.
 
      Le probleme ayant ete resolu en 5 minutes ca servait a rien de s attarder ici plus longtemps du coup pour la premiere avec papa on a leve le pouce au bord de la route et on a pas attendu bien longtemps avant de se faire arracher au bitume a bord d un super pick up qui tracait pour Lima. Nous on est pas alle jusque la parce qu on est pas si presses et on s est arrete a une heure et demi de la dans la pas si petite ville d Ica.
      Ica c est moche sale et pourri et quand on y arrive on se demande pourquoi on vient la. Et la raison c est Huacachina, une petite oasis situee a 5 minutes de la ville enclavee entre quelques dunes, premices d un desert de sable visuellement tres proche du sahara. Ca pourrait etre presque sympa si l endroit n etait pas infeste de ces charognards du tourisme qui pourrissent tout ce qui les entoure en plus de gonfler les prix sans aucune autre raison que celle de s en foutre plein les poches. On est donc restes la une journee, on a monte une paire de dunes, on a regrette de s etre arrete ici, et on a encore regrette de pas y etre alle deux jours plus tard, seul et unique moment ou Ica autait pu presenter un semblant de distraction. Ils se sont pris un tremblement de terre de 6,7 sur l echelle de Richter, ca doit faire tout drole mais on a loupe ca.
 
      Vendredi 28. Nous sommes partis en direction de Lima la grise comme on dit ici. Un nom qui vous donne deja envie de rester. On la surnomme de cette facon pasque le dome de pollution permanent vous gache le bleu du ciel un plus de votre vie et de vos poumons. Bref, Lima y a pas grand chose a y foutre et vu que j y reviendrai prendre mon avion j ai pas envie de m y attarder cette fois ci. On y arrive a peine qu on achete deja un billet pour en degager. Le depart est prevu a 10 heures le soir cap sur la legendaire Huaraz, a nous la cordillere blanche. Nous y arrivons au petit matin et a premiere vue la ville ne paye pas de mine. Normal, la zone est du genre bien montagneuse et les tremblements de terre plutot frequents. Et si aujourd hui on essaie de construire des edifices resistants aux seismes c etait pas vraiment le cas avant. La ville prend donc des allures d apres guerre mais on est pas la pour l architecture.
      On passe deux trois jours a s impregner de l ambiance de cette ville inconnue et a decouvrir ses environs, apres quoi nous prenons la dangereuse decision de partir sur le Santa Cruz, le trek surement le plus parcouru du tout Perou. Bon, je dis dangereuse decision parce que ca fait plus aventurier mais y a rien de dangereux en fait, si ce n est le risque de se prendre de la pluie tout le long. On entre ici en debut de saison des pluies et faire du trek en presque haute montagne pendant 4 jours a cette periode la c est pas ce qu il y a de plus recommande mais bon, on est ou on est quand on y est et il reste plus qu a faire avec.
      Nous partons en colectivo le premier novembre dans le tout petit village de Vaqueria apres avoir passe le peage du droit d entree au Parque Nacional del Huascaran. Il faut normalement payer 65 soles pour faire le trek mais on en paye que 5 en disant qu on y va que pour la journee. Arrives a Vaqueria la marche commence et nous entamons les premiers kilometres qui menent a la premiere vallee sous un grand soleil. La marche n est pas bien difficile mais c est plutot le poids de nos sacs remplits de provisions et de materiel de camping qui augmente un peu le niveau de difficulte. On aurait pu louer une mule mais on laisse ca aux touristes et balladeurs du dimanche, nous on est des vrais. Apres quelques 2 heures de mache peut etre nous arrivons a l entree d une immense vallee encaisse entre deux chaines montagneuses. Dans le fond tout au loin se dresse  un pic immense et enneige, et derriere le celebrissime Huascaran qui culmine massif et imposant a pres de 6800 metres d altitude. Ca commence bien. Et la, au detour d un chemin surgit une petite maison avec un garde dedans qui nous demande nos billets d entree. Et merde... On presente nos tiquets a 5 soles mais le type n est pas aussi illetre que je l esperais et se rend vite compte du subterfuge, il nous declare qu on doit payer 65 soles. Papa n est pas vraiment d humeur a lutter et prefere degainer les billets, quant a moi je trace ma route. Le type crie un hey amigo! Puis un hey Mister. Puis il agite les bras. Puis il est hors de portee. Puis je n entends plus rien. C est triste d etre un gardien quand on a aucun moyen de pression. Bref, on continue la marche et je tente des petites sorties hors sentier histoire de bien contredire les conseils qu on nous a donne. Je ne tarde pas a m embourber jusq aux genoux dans ce qui ressemble a des marecages et remonte bien vite sur le chemin principal. Puis la fin d aprem approche, nous plantons notre tente un bordure d une riviere et allumons un feu pour eloigner les insectes, les deux etant completement interdits, quitte a etre illegal autant l etre jusqu au bout.
       Le lendemain c est soleil au reveil et en camping ca fait toujours plaisir. On se fait un petit cafe au rechaud, un peu de medecine histoire d avoir la forme et un peu de coca en attendant que ca monte. Et ca finit par monter, la marche devient tout de suite beaucoup moins penible. En fait la medecine c est comme le Nesquik, on en prend un peu le matin et ca met la patate pour la journee. On a jamais faim, on a jamais soif, on est jamais fatigue et tout devient beaucoup plus joli. Les couleurs sont plus vives, les contours plus fins, les energies perceptibles, bref, c est le top pour aller marcher. On atteint le fond de la vallee et on entame la montee pour arriver au col. Moi ca va bien mais papa il en chie un peu plus. Le Mesquik c est un peu trop amer pour lui et la coca c est pas de son gout. Et le cafe combine au Manjar question potentiel energetico-hallucinogene c est quand meme moins effectif que le cactus. Et le col de Punta Union etant a 4700 metres d altitude le pauvre vieux est en train de souffler comme une truite hors de l eau pendant que je saute de pierre en pierre tel un chamois andin. Mais peu importe le rythme ,l essentiel est d arriver a ses fins. Et arrives a Punta Union on se dit que ca valait largement le coup d en chier un tant soit peu. Punta Union c est le point de jonction entre les deux vallees qui constituent le parcours du trek, et la vue qu on a d ici est tout simplement a vous peter le cul si vous me permettez l expression. Encore un de ces petits coups de baguette du Createur qui vous remet en place une bonne fois pour toutes, Punta Union je le mets dans mon top 10  des cols de montagne. Si vous voulez comprendre un jour de quoi je parle y a pas 36 solutions, venez au Perou et tapez vous le Santa Cruz. On a la vue sur toute la cordillere blanche, au moins toute aussi majestueuse que la cordillere royale bolivienne mais en plus aeree. On peu voir le Huascaran au loin, plein de pics aux noms imprononcables, des lagunes glaciaires et du bleu, du bleu, du bleu et encore du bleu. Du bleu azur, du bleu galcier, du bleu pervenche, du bleu Matisse, du bleu turquoise, du bleu gris, du bleu roi, du bleu profond, du bleu de methylene et j en passe. En fait il existe ici toutes les teintes de bleu possibles et imaginables, et peut etre meme bien plus encore faut voir avec Denver. Et au lieu de faire des declinaisons debiles de bleus a l infini je vais inventer le concept du bleu medecine qui les met tous dans un meme sac, y a plus a se poser de questions.
 
      On est restes la le menton cloue au sol pendant un bon moment a se demander s il fallait mieux cuire au soleil ou grelotter a l ombre pour finir par reprendre la marche dans l immensite de la vallee qui nous invitait a descendre. Nous atteignons notre lieu de campement en fin d apres midi ou nous dressons notre tente aux cotes de quelques francais. La le temps se gate et nous devons cuisiner sous la tente, pas tres malin de foutre un bruleur sous une toile en nylon mais quand l orage gronde pa fuera on a pas vraiment le choix.
       Lorsqu on met le nez dehors au reveil madame soleil n annconce rien de fameux. Une belle melasse a pris place au dessus du col, c est vraiment une sale journee pour monter. Heureusement qu on a fait ca la veille contrairement aux francais qui font le trek dans l autre sens, dommage pour eux. On attend une eclaircie pour plier le matos, apres quoi nous reprenons la marche. On s ecarte du sentier principal pour s embarquer d ans une deviation histoire d aller voir un petit lac bleu medecine au pied de l Alpamayo, la plus belle montagne du monde. M est avis que c est l opinion emise par le genre de type qu a jamais du aller se promener du cote du Nepal mais bon, ca reste du domaine de la subjectivite. Ce qui est sur c est que moi je suis jamais alle au Nepal, et si un jour j y vais je pourrai pas faire de comparaison sachant que le dit Alpamayo etait d humeur nuageuse. Restait la lagune qui fretillait sous la pluie et les querracs qui nous faisaent croire aux avalanches. Peu importe les pics enneiges, il faut savoir se contenter de ce qu on a et c etait la putain de classe. Pour feter ca on s est mange un bol d avoine et une soupe aux champignons qu etaient malheureusement pas des psylocibes. Et ils appellent ca une soùpe Maggi. Apres quoi on est repartis d ou on est venus pour rejoindre le sentier du trek. Des 4200 on est redescendu vers les 3800, il fait pas beaucoup plus chaud mais deja la vegetation change. Il y a des roseaux dans les cours d eau et des canards qui batifolent la dedans. On finit par arriver au troisieme campement qu on depasse de quelques centaines de metres, je prefere la solitude et la tranquilite plutot que le huayno peruano et les sacs poubelle. Reste plus que les anes et les vaches pour venir nous chier autour mais l odeur de bouse a cote de celle de nos aisselles ca reste agreable.
      C etait donc la derniere nuit du trek et la journee du 4 la derniere journee de marche. On a continue a descendre pendant environ 3 heures, la on a commence a sentir une vraie difference de temperature. J ai trouve une grosse tarentule qui traversait la route et plein de grosses torches toute pleines de mescaline qui me saluaient sur le chemin. Le probleme avec le San Pedro c est qu il faut le preparer un peu, on peu pas le mager comme ca. Et un point    village. La on s est trouve un taxi pour nous descendre encore plus bas dans la vallee d ou on s est trouve un bus pour rejoindre Huaraz que nous avons atteint  en milieu de journee. Depuis ceviche biere et dodo.
 
      Voila donc pour nos dernieres aventures. Et papa arrivant au therme de ses deux mois de voyage aux Ameriques il est venu le temps de nous separer. On a passe nos deux dernieres journees ensemble dans le petit village de Chavin de Huantar et avons echange une derniere poignee de main au fond d un bus derriere une vieille qui sentait litteralement la porcherie. J avais encore jamais percu une odeur pareille emaner d un corps humain, je pense qu elle s etait lance un defi. Je sais pas si elle aura droit a son nom dans le Guiness mais en tout cas le Label Rouge on lui accordera sans probleme.
       Je suis sorti du bus aux abords de l asphyxie et j ai leve le pouce a un croisement pour partir en direction de la selva. J ai derape jusqu a Tingo Maria mais avec les pluies qui commencent a deferler je me suis vite rendu compte de mon erreur et suis reparti du cote de Huanuco. Depuis j y coule des jours paisibles a dormir sur mon pieu et me reveiller pour manger des fruits. Un peu de repos et de tranquilite y a rien de tel apres deux mois de course folle avec son papa.
      Du coup voila, pour la suite aucune idee, reste plus qu a voir ce qu il va se passer.
      Salut a tous et a bientot pas seulement on ze ouebe.



Retour chez les Incas

11:19, 25/10/2011, .. Lien
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Mardi 25 octobre, Arequipa

 

      Le Perou apres la Bolivie on peu voir ca comme du cinq etoiles. Il y a des routes avec un revetement dessus, des villes propres avec des vraies maisons, pas de tiges en fer qui sortent du toit et les morceaux de plastique qui couvraient les fenetres ont ete remplaces par du verre. Les bus ont des pneus avec des crampons et ils ne crevent pas tous les deux kilometres, et le mieux du mieux, les gens sourient.

      Nous commencons la visite du pays par la magnifique ville de Cuzco. Nous y passons une paire de jours a nous balader entre les murs monumentaux du nombril de l empire Inca apres quoi nous nous decidons a visiter les ruines du celebre Machu Picchu. On saute dans un bus direction Ollantaytambo puis dans un autre qui rejoint Santa Maria. Apres c est session taxi jusqu a Santa Teresa ou nous passons la nuit. Le lendemain matin nous prenons nos pattes pour parcourir la trentaine de kilometres qui nous separent de Aguascalientes. La premiere partie de la balade est pas franchement terrible, nous suivons une route poussiereuse  dont les taxis successifs nous enfument gentiment la gueule en plus du soleil de plomb. Il n y a pas un pet d ombre et la marche est relativement desagreable. Apres quelques heures nous arrivons a un genre de bled nomme Hydroelectrica. Ici la route s arrete et il faut desormais soit monter dans un train, soit continuer a pieds le long de la voie ferree. Ce troncon s avere bien plus agreable. Les rails s elancent a travers une foret tropicale au creux d une vallee encaissee. On poursuit la piste, croisons regulierement des sources qui viennent se jeter dans la riviere et quand la chaleur et la transpiration ont raison de notre patience il ne reste plus qu a se deshabiller pour aller se jeter dans l eau. Nous finissons par arriver dans l apres midi a Aguascalientes, la blague. Peut etre l endroit le plus pourri qu on puisse voir a des kilometres a la ronde. Il s agit d un espece de pseudo village erige juste pour que les touristes puissent se faire enculer juste avant de monter dans les ruines. Tout est faux et tout est cher, ce n est ni plus ni moins que du vol de masse organise. On entre dans le premier hotel que nous rencontrons pour nous enquerir des prix, 300 dollars la nuit. OK baby, mets les toi dans le cul. Apres quelques recherches nous finissons par trouver un petit hotel pour pauvres a 20 soles par tete, c est ici nous passerons la nuit.

      Le lendemain reveil a 4 heures, et trente minutes plus tard nous entamons la montee des quelques 1700 marches qui menent aux fameuses ruines. A 6 heures s ouvrent les portes du site et cest deja une file immense de personnes qui attendent de presenter leur ticket pour pouvoir penetrer le sanctuaire. Je leur file celui que m a offert papa qui a prefere me payer l entree plutot que de me voir risquer ma vie a escalader un pont en pleine nuit au dessus d un torrent au debit dementiel, la c est sur, si on se loupe y a pas de seconde chance. Je rentre donc legalement dans le site archeologique le plus visite au monde d apres les dires bien entendu, et c est vrai que ca claque. Autant je comprends pas qu ils aient pu classer Tiwanaku au patrimoine mondial de l UNESCO, mais pour le Machu Picchu c est sur ils avaient avaient pas le choix. Deja que le site tout seul est super impressionant, on se croirait dans la baie d Along mais au Perou, et au lieu d y avoir de l eau en dessous ben c est des nuages. Rajoutez enfin la dessus une cite en pierres immenses qui tiennent toutes seules les unes sur les autres et vous aurez une vague idee de ce que ca peut donner. C est un peu le principe des Lego sauf que les pierres pesent quelques tonnes et qu elles sont pas carrees. La question c est maintenant de savoir comment ils les ont decoupees et empilees. Premiere hypothese, ils etaient equipes de rayons laser et decoupaient la roche easy sans se fatiguer, apres quoi ils mettaient une huile magique comme dans la caste des meta barons qui rendait la roche legere comme une plume et avec leur super pouvoirs psychiques ils les empilaient en sirotant de la chicha et en faisant des blagues d Incas. Seconde hypothese, heu en fait y en a pas... Sacre mystere, en tous cas ils etaient forts les types. Et puis faut voir les angles qu ils s amusaient a faire, ils aimaient pas les carres ceux la ca aurait ete trop facile. Et puis c est travaille fin croyez moi. Y en a qui disent qu on y passerait pas un couteau mais en fait c est plus que ca, en tant que fumeur de hascich je peu vous dire que meme une slim elle rentre pas. Bref, sacre travail. Et tout ca semble flotter au milieu des nuages. C est tellement incroyable qu on en oublirait presque le flux de touristes qui vous grouille autour.On reste quelques six heures a se promener entre les murs de la cite et on finit par redescendre quelque peu abasourdis. Conclusion, le Machu Picchu ca coute du fric, 40 dollars l entree, et encore je vous parle pas des frais pour y aller, pour en sortir, pour rester et pour manger, mais ce qui est sur c est que ca vaut largement le coup d aller y faire un tour.

 

      16 octobre. Retour a Cuzco ou nous passons deux nuits pour nous remettre de notre petite excursion, apres quoi nous prenons un bus de nuit direction Arequipa. Nous nous reveillons au petit matin a l approche de la ville. J apercois a travers la vitre la silhouette conique du fameux volcan Misti. Autour tout est sec et pele et ce ne sont que pierres et cactus qui essaient d egayer en vain la tristesse du paysage. Arrives au terminal nous sautons dans un taxi pour rejoindre le centre ville et nous commencons des lors notre visite d Arequipa.

      La ville est grande et construite dans un style colonial. Rien a voir avec l architecture Cuzquenienne mais ca reste d une sacree classe. Partout ce ne sont qu edifices immenses erigees de pierres blanches. Peu a peu le soleil monte et en plus de la chaleur grandissante la lumiere reflechie sur les edifices nous eclate les yeux, sortez les lunettes de soleil. Il y a des eglises partout, des cloitres et des patios ou chante l eau ruisselante des fontaines. Les murs et les colones sont incrustes de motifs sculptees a la mode indigene eleve au choclo. Et oui, ca c est comme partout et comme a n importe qu elle epoque, beaucoup en chient pour que quelques uns puissent se vautrer dans le luxe.

      La encore on se perd en ville pendant une paire de jours avant de s en aller visiter le canyon de Colca, le second plus grand canyon du monde situe a quelques 6 heures de route d ici. Nous arrivons en fin d apres midi a Cabanaconde d ou partent les sentiers de rando qui s enfoncent au coeur du precipice. Nous passons la nuit dans une petite auberge histoire de nous reposer avant de commencer la marche que nous entamons le lendemain matin vers les sept heures et demi. Ca commence assez tranquillement, on suit le sentier principal un moment pour bifurquer bien vite a travers les cultures en terrasses lorsque nous reperons un garde en poste charge de controler les billets d entree que bien sur nous n avons jamais achete. On discerne un condor assez haut dans le ciel, mais ce qui est bien avec les condors, meme si ils sont hauts c est pas vraiment un probleme pour les apercevoir. Tu m etonnes, avec un trois metres cinquante d envergure c est plutot difficile de se la jouer discret. Apres une demi heure de marche le sentier se raidit, on attaque la descente proprement dite. La encore faut pas se louper au risque de terminer dans les journeaux comme Ciro. Quoique, c est pas dit qu on descende bien bas. Avec tous les cactus qui trainent autour on finirait plus a la mode des carpathes, gentiment empale. Mais non, tel ne fut pas notre destin, le suspense continue.

     Apres trois heures a marcher sous un soleil de plomb nous arrivons au creux du canyon ou coule le rio Colca. Je m accoude a la rembarde et repere quelques fumerolles un peu plus loin. L avantage de partir en balade sans prendre d informations c est que tout se qui se presente prend des allures de surprise. Et des geysers c est une bonne surprise. Ca fait meme un super endroit pour faire une pause, se baigner et prendre un petite collation. Partout ca bulle autour de nous, ca fume et ca bouillonne. Il fait sacrement chaud la dedans et faut vraiment faire gaffe ou on pose les pieds. Surtout evitez les claquettes, l eau a 98ºC ca brule. On passe la un moment a souffler un peu puis on rendosse nos sacs et on poursuit notre chemin pour arriver une heure plus tard a la petite auberge de Llahuar accrochee a flanc de Canyon ou nous nous faisons acceuillir par Yola. Notre hote nous sert une soupe et une omelette pour nous remettre de nos emotions. Apres quoi nous descendons au bord du rio ou nous prelassons jusqu a la nuit dans des piscines d eau chaude en compagnie de deux allemands et Mario le Hollandais.

      Vu qu on a failli mourir de chaud nous partons le jour suivant a la fraiche, a 5 heures et demi. Le sentier serpente au milieu des epines ou nous croisons quelques paysans en train de trafiquer dans les nopales afin de recolter la cochenille qu on utilise comme teinture naturelle. Nous arrivons au niveau de la crete en meme temps que les rayons du soleil et entamons une nouvelle fois la descente du canyon pour arriver quelques instants plus tard au village de Malata ou l on nous offre un verre de chicha. Apres quoi nous rejoignons une nouvelle fois le Colca cette fois ci au niveau de l oasis de Sangalle ou nous passons le reste de la journee a lezarder a cote de la piscine. C est pas de l eau chaude cette fois ci mais c est pas plus mal, avec la chaleur qu il fait c est bien d avoir du frais.

      Puis le 24, c est a dire hier on s est leves a 4 heures pour partir a la fraiche car vu la montee qui nous attend pour rejoindre Cabanaconde mieux vaut eviter le soleil. Le seul truc c est que je suis pas du genre tres matinal, et papa non plus. Le debut de la rando commence sur une prise de bec et avec la fatigue et une accumulation de petits details de merde qui viennent se rajouter les uns aux autres un peu plus tous les jours ca monte vite dans les tours et j atteins rapidement le point de rupture. C est un peu le petage de plomb et je pars seul comme un ane sur le sentier. J aime pas trop avoir les boules mais si il faut reconnaitre une chose c est que ca boost plutot pas mal pour aller marcher. Resultat je reduis de moitie le temps normal qu il faut a un touriste pour monter. A Cabanaconde on monte dans le bus et nous retournons a Arequipa. Un autre gros defaut que je me suis decouvert en plus d etre super impulsif, je suis une putain de tete de mule. Quand j ai un truc en tete j ai du mal a me l enlever et l engueulade du matin me pourrit ma journee entiere. J ai un espece de noeud au niveau de la gorge et il m est impossible d articuler le moindre mot. C est pas plus mal d ailleurs, y des fois ou il vaut vraiment mieux se taire plutot que de raconter de la merde. Bref, hier j etais muet.

 

      Puis ce matin denouement. Encore un autre truc que j ai appris ces derniers temps, ne jamais prendre de decision a chaud, y a pas mieux pour faire une grosse connerie. Sur le coup j etais pret a sortir ma botte secrete, celle du type qui se volatilise et puis voila. Ca c est ma specialite mais en general ca fait assez mal. Deja avec des gens de passage c est vraiment pas cool du tout mais avec un papa ca se fait pas. J ai donc opte pour la discussion. Ah, encore un dernier truc et la je vais encore me repeter, y a rien qui soit bon, rien qui soit mauvais. Les choses sont. Et si la situation me paraissait hier catastrophique et sans issue je me suis rendue compte aujourd hui qu elle nous a juste permi de percer l abces. Le compteur est maintenant a zero et mon idee de prendre le large a pris le large toute seule,  et c est bien en compagnie de papito que je terminerai les deux dernieres semaines qu il nous reste avant son depart. Du coup voila, plus de tension, tout va pour le mieux dans le meilleur des monde et vous m en voyez tout ce qu il y a de plus heureux.

 




Un paso mas

11:27, 12/10/2011, .. Lien
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       Mercredi 12 octobre, Cuzco.
 
      J ai recupere Papito quelque chose comme un 8 septembre a minuit. Il avait l air tout fatigue, tout deboussole et la nuit passee au Carretero dans le centre de la Paz n a pas ete un luxe.
      On reste a la Paz les deux journees suivantes histoire de decompresser et de se mettre un peu dans l ambiance. J emmene Tonio a une seance de catch entre cholitas, ces boliviennes cubiques en robe traditionnelle surmontees d un chapeau entre haut de forme et melon dont on se demande par quelle magie ca peut bien tenir sur une tete. Puis on passe aux ruines de Tihuanacu situees a quelques kilometres de la Paz, decevant.
 
      Apres ce premier contact avec l univers bolivien je decide d emmener monsieur mon geniteur dans les bois accompagnes d une equipe de joyeux lurons made in France croisee au Carretero. Le trajet dure quelques dix huit heures si on ne compte pas les arrets pour changer les roues du bus et nous arrivons un mardi 13 septembre a Rurrenabaque sur les contreforts de la foret amazonniene. On se trouve un petit hotel plutot tranquille aux abords du Beni, apres quoi nous nous mettons en recherche d un guide assez fou pour nous accompagner dans la jungle. Et c est ainsi que nous rencontrons Julio pret a nous emmener en trek des le lendemain.
      Ainsi donc le 14 commence la session jungle. L equipe est composee de Papito bien sur, 3 frenchys du nom de Fanny, Gilles 70, Mathilde et puis moi bien entendu. On part aux aurores, traversons le Beni et empruntons un sentier qui longe les pourtours du fameux Madidi national park. Medecine. Le jour se leve a travers les ramures des arbres, la chaleur monte peu a peu et la foret entre en eveil sous nos yeux ebahis. Des arbres des feuilles des ailes et des couleurs. Y en a de partout. Peut etre un peu trop meme. Ca grouille et les milliards d insectes ambulants ne nous laissent pas une seconde de repit. C est marche ou creve vide de ton sang sous les piqures des animaux des bois. On s arrete donc pas trop souvent et c est alors a l effort physique qu il faut resister. Eh oui, marcher dans la jungle sous une chaleur etouffante par a peu pres 100% d humidite ecrases par le poids de nos sac a dos c est pas non plus de tout repos et c est non sans mecontentement que nous finissons par camper en fin de journee au bord d un petit rio. Nous nous refugions sous une moustiquaire pendant que Julio prepare a manger dans sa cuisine en bois qu il vient de fabriquer. L obscurite finit par s abattre sur nous et c est alors que nous devons resister a l assaut de l armee de l ombre, des scarabees enormes sortis tout droit des mondes de Star Wars tout flamboyants de lumieres oranges et vertes, vive la moustiquaire.
      Le lendemain on continue notre balade, mais au lieu de cheminer a travers les arbres cette fois ci nous descendons a pieds le rio a cote duquel nous avons campe la veille. Medecine. On batifole dans les eaux claires en prenant bien soin de se tenir la bite au cas ou y aurait comme des poissons qui voudraient nous rentrer dans l uretre. Funky comme d habitude. La promenade continue et nous atteigons en fin de journee l oree de la foret. C est tout de suite moins touffu. L orage gronde au dessus de nos tetes lorsque nous atteignons les premiers espaces agricoles. Les paysans y ont foutu le feu histoire d etendre un peu leurs terres et nous on se retrouve plonges en plein Viet-Nam, c est un peu la folie mais mais on rigole bien. Enfin pas forcement tout le monde, y en a deux qu en ont un peu marre d attendre en permanence et qui sont partis loin devant.
 
      Nous voila de retour a Rurre comme on dit ici, mais juste en coup de vent car Julio nous fait monter dans une jeep. Nous partons pour las pampas, cette zone marecageuse qu on trouve en bordure de la foret. L idee est d aller y observer des animaux et y a pas mieux que la saison seche pour ca. Les resevres hydriques s ammenuisant de facon drastique, les bestiaux se concentrent autour des points d eau et c est l occasion ou jamais pour aller leur faire un petit coucou.
      Nous nous levons donc avant l aube et embarquons a bord d une lancha. On a pas fait 20 metres sur l eau qu on entend les machoires des crocodiles claquer a notre approche, et dans le noir quand on s y attend pas ca fait tout drole. Puis le jour se leve et c est un veritable zoo que l on decouvre autour de nous. Il y a des crocos par centaines et des capybaras a gogo. Puis y a plein de tortues, plein d oiseaux de toutes les fromes, toutes les tailles et toutes les couleurs, et aussi quelques troupeaux d israeliens debiles qui s amusent  a effrayer la faune en beuglant, c est toujours un plaisir.
      On passe deux petites journees dans la pampa et nous repartons vers Rurre. Je suis un peu blaze, j ai meme pas reussi a voir d anaconda, ni un seul serpent d ailleurs. Heureusement pour rattraper le coup un joli petit boa s est finalement decide a traverser la route a notre passage. On arrete la voiture et je cours en direction du bestiau maniere d aller le titiller un peu, pour la forme. C est peut etre pas un anaconda geant d Amazonie mais c est quand meme un joli petit constrictor d un metre cinquante, mon deuxieme de toute ma vie. Papa sort son super Nikon D80 pour immortaliser la scene, c a y est c est dans la boite, on y va...
 
      On retourne a notre petit hotel du premier jour se reposer une nuit avant de repartir vers la Paz. Je laisse papa seul a l hotel et m en vais faire deux trois courses avec les copains. Quand je reviens je lis comme un grand desarroi sur son visage, l appareil photo a disparu. Il etait la et puis...ben il etait plus la. Moins un. Et un D80 ca fait toujours plus mal au cul qu un Lumix de poche. Bon, faut relativiser, c est materiel donc c est pas grave meme si ca fait chier. Et puis c est comme ca qu on apprend. Regle du voyageur numero un, cuide sus cosas. C est pas nouveau mais ce sera toujours d actualite. Reste plus qu a regarder le bon cote des choses, ca fera un poids en moins a charger.
 
      19 septembre, retour a la Paz. On s y repose quelques deux jours avant de prendre un bus de nuit direction Potosi toujours en compagnie de la Mescaline Team. Les gens s en vont visiter deux trois trucs pendant que je reste cloue dans mon lit terrasse par un mal de bide. Et moi qui croyais que j etais blinde depuis tout ce temps. Et bien non, l eau du robinet m aura ete fatale. Apres deux mois a ne boire que ca ou presque, elle aura fini par faire son effet. J ai mal et tout ce que je me mets dans le bide ressort aussitot par ou c est rentre. C etait un pamplemousse. Deja que c est acide a la base, mais alors sur le retour c est vraiment du regal.
 
      Samedi 24. Nous partons sur Uyuni ou nous agregons deux chats perches a notre equipe de frappes. Nous partons le lendemain pour le salar par nos propres moyens comme je l avais deja fait avec Radouane, sauf que la on est sept. Medecine.
      Bon, le salar je vous ai deja dit comment c etait, plat blanc et impressionnant, encore plus avec un peu de mesca dans nos petits recepteurs cerebraux. On se promene sur la isla Incahuasi au milieu des cactus geants et nous redescendons sur la banquise pour le coucher de soleil, ca s enflamme au loin derriere les montagnes, putain qu est ce que c est beau!!!                                                                                             
      Une fois sous les etoiles la fatigue commence a tomber pour papa. Il s en va donc dormir dans le refuge qu on a daigne nous ouvrir, pour nous la soiree continue. On s en va biturer sur les 40 metres  d epaisseur de sel accompagnes d un peu d electro. D habitude c est pas trop mon truc mais y un moment pour tout.
 
      Le lendemain retour a Uyuni. On fait le tour de quelques agences histoire de se goupiller un petit tour dans le Sud Lipez.
      A 9 heures le jour suivant nous voila partis a bord d un vehicule defonce par le temps et l hostilite des environs. Les sieges sont arraches les pneus lisses mais on s en tape, on a du cactus plein les poches. Fausto notre pseudo guide faux cuisinier dont on pourrait reduire la fonction a celle de simple chauffeur nous emmene dans ce qui ressemble premierement a un desert glace. Y a de l espace, d es cailloux , du froid et des montagnes au loin. On trace la route, on se pose dejeuner au bord d un lac, puis on repart. On passe a cote de volcans et de flamans roses, puis on se pose le soir a ce qu ils appellent la laguna colorada, un lac rouge surplombe d un gros cone volcanique.
      Le jour suivant on part vers les 4 heures histoire d arriver au bon moment au niveau des geysers. On doit etre a pas loin des 5000 metres d altitude et avec le froid du matin les fumerolles s elancent a une hauteur de 120 metres dans le ciel. On assiste au lever du soleil a travers les vapeurs nauseabondes les sens amplifies par la goutte a Lolo, strawberry fields forever.
      Puis on remonte dans la voiture et on continue notre petit bonhomme de chemin pour arriver au site le plus surprenant du parcours, el desierto de Dali. Il s agit la d un immense desert de sable enclave au milieu d un cirque de montagnes colorees. D immenses formations rocheuses qu on croiraient sculptees a la main emergent ca et la au beau milieu des sables maniere de nous remettre en place. On tombe des nues. Le paysage est tellement grandiose qu il en parait irreel. On se croirait dans un reve, ou plutot dans un tableau de ce bon Dali, celui ou y a des horloges qui fondent de partout. Medecine. Maintenant j ai une idee un peu plus precise de ce qu est le surrealisme, j aime bien. A tout moment je m attends a voir sortir le peintre derrire une paire de moustaches quelques part dans le ciel, brandissant un pinceau celeste pour s en aller peaufiner son oeuvre. Mais non, elle est deja parfaite, il n y a rien a ajouter.
      Le soir on squatte un refuge au bord de la laguna verde, un lac au cyanure vert fluo.
     
      Troisieme jour, retour a Uyuni.
 
      Nous rentrons tous les sept le premier de ce mois a la Paz pour changer. Et c est non sans une pointe de nostalgie que nous celebrons l eclatement de la Mescaline Team apres un mois de deboires en tous genres. C etait intense, drole, pas facile tous les jours mais qu est ce que c etait bon. Fanny et Gilles 70 s en vont en direction du Chili, Karine et Lolo repartent vers la France, quant a papito Mathilde et moi nous mettons le cap sur l ile du soleil, troisieme edition. J ai pas grand chose de plus a y voir  mais je voulais que Tonio voie ca. L ile du soleil ca fait quand meme partie de ces sites qui restent dans la categorie "incontournables" quand on parcourt le territoire bolivien. On y reste que deux jours cela dit car voila deja plus de trois mois que je foule les routes de la Bolivie ce qui me vaut le statut de clandestin. Pourquoi ne pas s en aller me direz vous, et bien c est tres simple, j ai comme un papa derriere moi qui me pousse au cul pour aller grimper une montagne, le fameux Huayna Potosi qui culmine a pas moins de 6088 metres.
      Donc apres la isla del sol retour pour la N ieme fois a la Paz. On recontracte une agence pour s en aller faire de la grimpette le lendemain.
 
      Le 6 octobre donc, rendez vous a l agence au petit matin. Nous sommes sept sur le depart, une equipe de six francais et un canadien solitaire asocial. On monte dans le camion et on trace a un refuge situe au pied de notre objectif a quelques 4800 metres d altitude. On fait pas grand chose ce jour la si ce n est tester notre equipement. On chausse nos crampons, on empoigne nos piolets et on s en va faire une petite seance de frottage de glacier. Ca fait un peu bizarre au debut de marcher avec des lames de couteaux  en guise de semelles et de balancer des grands coups de pioche dans un glacon mais on finit par s y faire. Les guides nous expliquent quelques regles de base a respecter et nous redescendons au refuge.
      Le second jour ca a pas ete violent non plus. On s est contente d un petit deux heures de marches pour acceder au second refuge au pied du glacier, a 5200 metres. La on se retrouve avec tout plein de types partis avec d autres agences, je pense qu on doit pas etre loin d une trentaine a squatter le refuge. La on se couche tot, la journee du lendemain sera sans repit.
      Le 8, date historique dans ma petite vie de branleur inconditionne (ou reveur invetere au choix) nous nous levons a minuit. J ai pas vraiment dormi, le cerveau triture par mon futur proche mais l adrenaline s occupe de mon reveil. Petit dej. Le refuge se vide petit a petit des guides suivis des grimpeurs.  Je suis dans les derniers a franchir la porte accompagne de Mathilde. On avance de quelques pas dans l obscurite puis on enfile crampons et harnais. Le clic du mousqueton finit par retentir, les frontales font crepiter les cristaux de neige de leur faisceau lumineux, nous voila fin prets pour l ascencion.
      Ca monte dru mais ca passe. Je trouverai ca presque facile au debut meme mais ca dure pas longtemps. Au fur et a mesure de la marche l oxygene se rarefie et la fatigue monte aussi bien que nous, lentement mais surement. A partir de 5800 ca commence a faire mal, chaque pas est une victoire sur le mental. Et encore, si c etaient que des pas. Mais non, il faut aussi sortir le piolet, se la jouer a la spider man sur des murs de glace et tout ca au beau milieu de la nuit, c est pas de tout repos. Puis la pente comme si c etait pas assez difficile comme ca se raidit encore plus, sur la fin c est vraiment dur. On atteint l arrete terminale, un genre de petit sentier de glace ou on a a peine la place de poser les pieds avec de chaque cote un precipice dont le fond reste cache par la masse opaque des nuages. Courage, il ne reste plus que 200 metres. On mettra une bonne demi heure a les parcourir. Nous arrivons finalement en haut de la montagne au lever du soleil. Peu a peu les brumes s eclaircissent au souffle du vent et c est avec la plus grande emotion que nous decouvrons les paysages alentours, vallees rocheuses et cretes enneigees. Parait que quand c est degage on voit d un cote l Amazonie et de l autre le Titicaca. Nous n aurons pas cette chance mais la satisafaction reste entiere. Nous restons la un quart d heure les yeux equarquilles sur tout ce qui nous entoure et il est deja temps d amorcer la descente.
      Je croise Papito en chemin qui est en lutte mais le mental est la. Claude par contre son coequipier est a bout et decide de redescendre avec nous. C est con, il restait pas grand chose.
      La redescente du glacier est au moins aussi impressionnante que la montee. C est peut etre pas aussi physique mais ca se passe de jour et on se rend compte avec stupeur du chemin parcouru dans l obscurite. Gare aux creuvasses, le moindre faux pas pourrait se reveler fatal. L inconscience a du bon finalement, sinon je crois qu on irait nulle part. C est pentu tout partout et c est putain de dangereux. Et ce canadien fou qui est monte tout seul avec une paire de batons sans assurance aucune, sans corde ni coequipier. Un fou, un vrai, c est beau.
      Et c est avec soulagement que nous rejoignons le tout premier refuge, nous sommes extenues. Ca fait les pattes. De retour a la Paz on s est tous croutes dans un lit jusqu au lendemain.
      Conclusion c est de tres tres loin le truc le plus impressionnant qui m ait jamais ete donne de faire, merci papa et surtout chapeau bas, je sais pas si je le ferai a 63 ans.   
 
      Pis voila, on s est repose encore une journee a la Paz et le 10 au matin il a fallu que je fasse mes adieux a Mathilde. On a saute dans un bus direction le Perou et sommes arrives a Cuzco avant hier ou nous elaborons des plans pour entrer au Macchu Picchu en clandestin. Reste plus qu a voir comment ca se passe, la suite au prochain numero.



Stayin' Alive

11:56, 5/09/2011, .. Lien
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Un jour au debut du mois de septembre, La Paz (Bolivia)
 
      He ben dis donc,ca faisait un moment que j avais pas ecrit d anneries. A croire que j avais besoin de prendre quelques vacances, et maintenant vu que j ai un million de trucs a raconter je sais pas trop comment je vais faire... Aller on se lance.
      Bon, j ai squatte un moment en Equateur, j ai dormi dans un trou sur une montagne a 5000, je suis passe faire un petit coucou au Cotopaxi mais il etait d humeur plutot nuageuse alors j ai trace encore un peu plus bas voir le Tungurahua qu est en eruption depuis environ 12 ans. Malheureusement lui non plus n etait pas dans ses meilleurs jours et vu que j en avais marre de remettre toujours a plus tard mon plan de descendre en Amazonie j ai fini par me dire cette fois ci c est la bonne et j ai pique plein Est direction la foret enchantee.
 
      Mon petit pouce s est leve jusqu a San Fransisco de Orellana dit El Coca en bordure du Rio Napo. Je me suis dirige vers le petit port  ou j ai reussi a me faire embarquer par le maire jusqu au petit village de Tiputini a quelques neuf heures de navigation.
      L Amazonie c est tout plat, et c est pas plus mal apres tout ces mois a galoper dans la sierra. C est genre vert et humide un peu, et puis il fait chaud aussi des fois.Et il y a plein de jolies bestioles tout partout, des oiseaux de toutes les couleurs, des araignees de la taille d une main et des jolis serpents tout crocs dehors pour ceux qui font pas le diametre d un tronc d arbre. Un vrai petit paradis si on compte pas les bichos qui viennent vous emmerder a longueur de journee. Et les gens aussi. Des gens extremes pour des conditions de vie extremes.
      Le truc c est qu au milieu des bois y a pas grand chose a faire. Du coup les gens ils picolent. Et quand y a plus de biere  on bute un animal des bois, on en mange un bout, on en vend un autre et avec l argent gagne on va acheter de la biere, et on picole. On picole le matin en se levant, l apres midi en se relevant et puis le soir avant d aller au lit. Et quand les caisses sont vides et qu il faut attendre le bateau pour ravitailler le peuple en alcool il y a toujours la bonne chicha de yucca, fibreuse et insipide qui vous met bilou pareil, merci a la pacha mama pour tant de prevoyance.
      Apres y a aussi toutes les poubelles menageres et les vidanges de bateaux et qui finissent a la flotte et on se rejouit de pouvoir encore observer des dauphins roses survivre dans la merde en chassant en sortie d une canalisation.
      Je vous passerai les lignes sur la maltraitence envers les enfants et le coup de la petite fille de 6 ans qu est morte sous mon hamac sur le bateau pour Iquitos.
      Bref, l Amazonie c est chouette, surtout les couchers de soleil mais apres faut quand meme s enlever la merde qu on a dans les yeux et accepter la realite, on y voit pas que des trucs cools. Cela dit si vous avez l occase, hesitez pas.
 
      Bon, vous l aurez donc compris et encore plus si vous regardez une carte, j ai descendu le Rio Napo jusqu a arriver a l Amazone en territoire peruvien. De la j ai remonte le courant jusqu a Iquitos ou je suis reste quelques jours, puis j ai encore remonte le courant pour arriver jusqu a Pucallpa, la terre ferme autrement dit. La je suis repasse en mode stop, je suis remonte dans les hauteurs de la sierra et en quelques jours ai reussi a rejoindre Cusco. Il faisait un putain de froid je vous dis pas. Et comme j etais un peu claque je suis reste quelques jours dans le coin histoire de me refaire un peu de poil de la bete. Bon, Cusco c est sympa mais c est quand meme une sacree invasion de touristes. Je fais rien de bien special la bas et reprends ma route en en mettant le cap toujours plein sud l idee etant d arriver le plus vite possible en Bolivie.
       A mon entree sur ce nouveau territoire je prends une bonne resolution. J arrete le stop. Pas que j aime pas ca non, mais le truc c est que dans la zone Perou Bolivie quand vous faites du pouce on vous demande toujours du fric. Du coup se peler les couilles pendant des heures a 4000 sur l altiplano ca vaut tout juste pas le coup surtout quand on connait les tarifs des transports boliviens. Et pareil pour le camping. A quoi bon mourir de froid quand on peut se loger pour 10 bolivianos, ca n a pas de sens. Me voila donc pris dans la furie des flux touristiques, je passe du bus a l hotel et de l hotel au prochain bus. Ca a moins de charme mais on fait tout plein de rencontres et c est pas mal non plus.
      Pour faire le vrai touriste je me suis mis en tete d allet visiter l ile du soleil sur le lac Titicaca, elle en jette un max. Si je devais faire un drapeau de l ile il serait tout dore avec du bleu et du blanc, et j y mettrait un ane comme embleme.
      Cette ile elle est pas tres grande mais elle est peace. J y retrouve un peu le meme genre de feeling qu a Atitlan au Guatemala. Les gens sont tranquilles et ils prennent leur temps. Moi aussi d ailleurs, escalader des rochers a 4000 ca vous fait cogiter sur votre condition de fumeur et une fois plus je me promets d arreter un jour. Et c est la qu au milieu de tout ce bleu blanc et jaune je rencontre Radouane, mon nouveau pote francais avec qui je vais m amuser pendant pres d un mois.
      Avec Radouane on est un peu sur la meme longueur d onde, et on est tout les deux biens contents du grand retour de la medecine dont on dispose librement au marche des sorcieres et c est maintes et maintes fois que Saint pierre nous ouvrira les portes de son paradis, mescalina mi amor, contigo estoy feliz.
      Apres le Titicaca on redescend sur la Paz ou on va voir un match de cholita s wrestling, du catch avec des indiennes en tenue traditionnelle, a mourir de rire. On se fait aussi la descente de la route de la mort en velo et deux trois autres idioties, apres quoi nous descendons sur Sucre. C est joli mais a part ca ca vaut pas grand chose. Du coup on a trace dans les montagnes en mode rando avec des sacs charges a bloc, que du bonheur. Heureusement que mama coca nous a accompagne sur le chemin sinon c etait foutu.
      Puis on a finit par arriver a Potosi, les mines d argent blablabla. On est donc alle voir ce qu il en etait de plus pres et j en conclue que j aimerai pas travailler la dedans. Deja qu a la base ca doit pas etre drole mais en plus il font ca a l ancienne genre Remi sans famille pour conserver le titre de patrimoine mondial de l UNESCO. Comme ca y a plein de touristes voyeurs qui peuvent aller zieuter les travailleurs marteler les parois rocheuses pour 10 euros la journee quand ils ont de la chance. Apres on peut aussi aller voir le Tio, le maitre des lieux a l apparance d un diable a grosse bite. On peut meme lui faire des offrandes pour eviter de se prendre un eboulis sur la gueule. Je lui est offert un peu de medecine pour etre sur qu il m arriverait rien, Ca marche super bien.
       A la sortie des mines y a un marche dit El Calvario. La ils vendent de la dynamite pour les mineurs, mais vu qu on est en Bolivie ils en vendent aussi aux touristes inconscients. 1 euro 50 le baton avec un peu d ammonitrate pour que ca pete encore plus, une meche et une jolie capsule de mercure. Je sais ce que vous allez me dire, c est debile, inconscient, dangereux et plein d autres trucs du genre reprobateurs mais j en ai rien a foutre. On est alle faire peter ca dans un champ voir comment ca faisait, et ca fait boum. Un gros boum comme quand un gamin s amuse avec un Bison 4 sauf que c est du TNT, avec de l amonitrate...
      Puis on est descendu encore un peu plus, pres d Uyuni histoire d aller rigoler un peu dans le salar. On a trouve un bus pour nous y lacher en  plein milieu sur la petite ile d Inca Wasi.
      Le salar c est tout simplement le lieu le plus incroyable qui m ait jamais ete donne de voir de mes propres yeux. C est compltement surrealiste, et encore plus avec Pedro a nos cotes. J y serai bien reste dix ans, le seul truc c est que les conditions de vie y sont vraiment d une hostilite sans egale. Du coup on y passe un jour et on en prend plein les mirettes, une nuit et on a froid, et le lendemain on s en va. Chouette experience.
 
      Puis Radouane est parti de son cote en mode ramadan prendre un avion pour le Chili et moi vu que j en avais marre de me les geler au milieu des bourrasques altiplaniques j ai mis le cap sur Sorata dans le nord du pays. On est la a 2000 et des piquettes et l atmosphere y est quand meme plus agreable. Un solcito rico por el dia, y un poco de frio para descansar a noche, lo mejor.
      Et depuis je squatte dans les alentours de La Paz en n osant trop m eloigner car il est bientot  venu le moment dacceuillir mon invite surprise du mois de septembre.
      Et me voila donc aux dernieres nouvelles de retour a la Paz a fin de regler les derniers preparatifs.



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